Dans la forêt de Khao Yai, il y a les oiseaux… et il y a le calao bicorne. Jusqu’à 1,30 mètre de long, près d’1,50 mètre d’envergure, un bec jaune surmonté d’un casque en forme de pirogue : quand il se pose sur une branche, toute la canopée semble faire silence. Et quand il décolle, le battement de ses ailes résonne comme un drap qu’on secoue au-dessus de la vallée.
Le calao bicorne (Buceros bicornis) est le plus grand des quatre calaos du parc national de Khao Yai, et sans doute la star la plus photographiée du parc. Mais un secret de beauté se cache derrière ce jaune éclatant. Ses couleurs ne sont pas tout à fait naturelles : l’oiseau se maquille. Il frotte son bec et ses plumes contre une glande qui produit une huile jaune-orangé, et s’en applique soigneusement. Un rituel quotidien, sans miroir ni tutoriel.
Pour distinguer Monsieur de Madame, inutile d’attendre qu’ils se présentent : il suffit de regarder leurs yeux. Monsieur a l’œil rouge, Madame l’œil blanc bleuté. Un détail précieux pour les photographes… à condition d’avoir un bon téléobjectif.
Comme tous les calaos, le couple est fidèle. À la saison des nids, Madame s’enferme dans une cavité d’arbre pendant que Monsieur assure le ravitaillement, figue après figue. Une organisation qui a fait ses preuves : le calao bicorne peut vivre plusieurs dizaines d’années.
Classé vulnérable, il a besoin de grandes forêts intactes et de vieux arbres creux pour nicher. C’est justement ce que lui offre Khao Yai, l’un des meilleurs endroits de Thaïlande pour l’observer à l’état sauvage. Le bon moment : tôt le matin, près des figuiers en fruits, quand le petit-déjeuner est servi. Ouvrez l’œil, mais surtout l’oreille : le calao bicorne s’entend souvent bien avant de se montrer.
Le calao festonné est le mari modèle. Le calao bicorne, lui, est la star. Et il le sait.



